Sill, à la saison des kakis mûrs
Quand le plaqueminier de la cour commence à changer de couleur, les journées à Sill ralentissent un peu.
Dans la cour de Sill pousse un plaqueminier. Il était là avant que nous ne restaurions la maison, si bien que j'ignore son âge exact. Ce que je sais, c'est qu'en octobre, c'est lui qui devient le maître des lieux. Le soleil du matin traverse ses branches selon un angle qui baisse doucement, et la bande de lumière couchée sur le plancher s'allonge de jour en jour.
En cette saison, les hôtes commencent souvent la journée debout dans la cour, café à la main, à vérifier où en est la maturation des kakis. La cueillette nous revient, mais nous en laissons quelques beaux sur le plancher à l'arrivée. Si vous tombez sur un kaki devenu fondant, considérez que c'est un jour de chance.
On va à la campagne pour voir les saisons changer de ses propres yeux. À Sill, un seul plaqueminier a suffi.
Le soir, éteignez les lumières de la cour et asseyez-vous dans la baignoire. Dans une obscurité plus dense que celle de l'été, on devine au clair de lune la silhouette des kakis. C'est la saison qui explique le mieux pourquoi nous n'avons jamais mis de télévision.
Si Sill vous intrigue avant que le dernier kaki ne tombe, choisissez une date entre octobre et novembre. C'est aussi la saison où le bouillon de la maison de nouilles, à quelques pas, est le plus réconfortant.